Love letters on dog biscuit

10 mars 2008

...God knows I've got to live mine

Le sujet du jour, c'est pourquoi les gens perdent leur temps à regarder de la télé-réalité dans leur dite télé, alors qu'ils leur suffit...d'aller à la Poste.

Mon expédition Ebay du mois, n'a pas lieu dans une Poste de province ou de banlieue parisienne blasante et horrifiante rien qu'à la vue du bâtiment dans un soi-disant " centre ville " à l'architecture années 80 en raté. Non monsieurs-dames, je vous parle d'une Poste non moins bien située que dans le IXème arrondissement, un des arrondissements les plus recherchés de Paris en terme d'immobilier car comme le dit la formule consacrée " ni trop populo, ni trop bobo".
Cette Poste, qui, certes, ferme à 19h ( ce qui je l'avoue est tout de même un vrai pied de nez au reste des Postes de France et de Navarre ) mais qui naturellement, comme dans chaque bureau de cette même France, a l'air en état de siège quelque soit l'heure malheureuse à laquelle vous décidez de vous y rendre.

Première bataille perdue avec la machine automatique, " pour vous faire gagner du temps " ou plutôt vous vous faire passer au degré un de l'énervement citadin. Naturellement, je n'ai que ma carte bleue sur moi, j'abandonne donc ma place dans la file ( et oui il y a aussi une file pour la machine automatique d'affranchissement voyons ) je cours au distributeur, et tente de faire de la monnaie au " distributeur de monnaie ". Un billet, ca passe, deux, je fais tout simplement planter le bordel, au grand désespoir de la personne derrière moi qui me regarde à présent comme si je venais de boire le dernier litron de vin sur le Radeau de la Méduse...Bref, je me contente de cette petite quantité de pièces, refait la queue et là, naturellement, il faut faire l'appoint précis. Je regrette amèrement de ne pas avoir embarqué avec moi mon pot de fidèles pièces jaunes ( plus vraiment jaunes ) qui attendent patiemment chez moi le moment de la collecte annuelle et qui là, auraient pu me sauver la vie.
Soit. Je me retourne. Contemple avec appréhension la file d'attente qui m'attend ( ironie du sort) et que j'essayais d'occulter depuis mon arrivée.

Première impression : les gens s'ennuient, et donc ceux de la lignée parallèle, ceux qui sont loin devant vous, vous regarde de bas en haut et si possible de travers, histoire de passer le temps. Vous entendez au loin les plaintes de plusieurs utilisateurs mal avisés qui ont pris votre suite aux distributeurs et qui poussent des cris d'effroi et autres signes visibles d'énervement. Naturellement, il y a toujours une ou deux personnes pour essayer de gruger. Car le Français ne sait pas faire la queue, que ce soit pour un taxi ou pour une baguette, même combat, il y en a toujours un qui se pense plus intelligent et plus pressé que vous. A votre droite, l'effroyable vision de la personne qui attend pour voir sa banquière. En 5 mn, elle met au courant toute la file que " sur son livret A, il n'y a pas le bon prénom..." et j'en passe. L'impudeur incarnée. J'ai une pensée pour cette pauvre employée, qui, je l'avoue a l'air d'avoir dramatiquement l'habitude. Elle doit l'aider à se lever de sa chaise. Je me jure solennellement d'arrêter le nutella pour ne jamais finir grosse au point de ne plus réussir à lever la partie postérieure de mon corps de ma chaise. Soupir.

Derrière moi, une sorte de gay rebeu fashion bizzaroide arrive, s'agite, et commence à réciter ce que j'appellerais des incantations, je ne peine guère à deviner que lui aussi a l'air très pressé et désespéré, mais il y a plus. Lui, veut vous gâcher ce temps d'attente au calme, favorable à l'introspection. Il veut que vous sachiez qu'il est derrière vous et qu'il est pressé. Vous jetez un premier, puis un deuxième regard mauvais. Tout le monde se retourne pour admirer le freaks du jour. Vous abandonnez. Apple vous a sauvé la vie. Ce n'est pas ma musique sur mon Ipod, mais j'arrive à dénicher quelques Smiths et autres Joy Division de survie, ce qui pour le coup me semblent être ( encore plus que d'habitude je dirais ) les meilleurs morceaux de l'histoire de la musique. Un souci de réglé. Vous constatez qu'en plus d'être responsable de pollution sonore, votre voisin est maniaque : il remet en place frénétiquement tous les plots à cordon de la file, pour qu'ils soient bien alignés et cela tous les 3 mètres.

Vous patientez en tout 40 mn. C'est votre tour de jeter des regards désapprobateurs aux perdants du bout de la file. Car elle n'a pas désemplie. C'est même pire. Vous rentrez en courant chez vous pour lire sur Google Actualité que c'est la semaine de la Santé Mentale. Vous n'êtes pas prête à remettre le nez dehors aujourd'hui.

Posté par Avalyn à 23:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 décembre 2007

while your cigarette still burns

C'est sans prétention aucune que je me décide à recommencer quelque chose ici bas...
Certains diront surement " Elle veut le suivre dans son cheminement " mais non, je crois que j'ai seulement besoin moi aussi d'un exutoire, aussi virtuel soit il...

La question du jour serait : " Comment peut-on en arriver là ? "

Réussir à formuler une réponse de l'ordre de l'intelligible est une tâche ardue.

Sommes-nous lâchés sans filet trop tôt trop vite dans un monde finalement inadapté, ou bien est-ce nous qui avons tout fait pour devenir inapte sans nous en rendre compte ? Je ne sais pas à qui jeter la pierre : parents, "société", système éducatif ? Le fait est que nous nous brisons tous, les uns après les autres, sur le dur récif de la vie d'adulte comme on l'appelle...Nous sommes pour la plupart ce que l'on pourrait qualifier à la va vite et très péjorativement de " marginaux ", du moins de part notre enveloppe extérieure qui, même en costume cravate, ne peut échapper au regard désapprobateur du bobo lambda. Back to school : Loin d'être les moins assidus à l'école, nous n'avons tout simplement pas développé la bonne sensibilité, la sensibilité adéquate qui nous auraient fait suivre des études " sûres " afin de décrocher " un emploi stable" et la sacro-sainte " sécurité de l'emploi ". Non, nous futurs ou actuels trentenaires, nous avions ( et avons toujours ) pour passion la musique, la littérature, les arts...Est-ce une excuse ? Un échappatoire ? A la vie basique et verrouillée de toute part qui nous attendait...nous avons comme refuge des goûts et un mode de vie qui nous fait vivre au jour le jour, sans espoir d'une quelconque réussite sociale ou profesionnelle...dont il est vrai on se fout un peu. Qu'attendons nous de l'avenir ? Nous avons tiré un trait sur notre réussite et notre reconnaissance sociale...parce que l'on s'en fiche, et que nous sommes tout simplement incapables de revenir en arrière...Que ferait-on si c'était possible ? J'ai toujours l'image de la mauvaise fée qui se penche sur mon berceau, comme dans la Belle aux Bois Dormant, et qui me jette un mauvais sort du style " toi, tu ne seras jamais comme les autres...gnark " Quand je vois les réactions des critiques spectateurs Allociné qui trouvent le personnage de Juno complètement " surréel, immature, provocateur et hautain " je me dis " mais c'est tout moi pourtant ! " Du moins, moi ado. Voire jeune adulte. Aujourd'hui j'ai presque le sentiment d'avoir également perdu ma verve d'éternelle mécontente et toujours révoltée.
Où sont passés nos rêves ? Est ce possible que mon avenir soit scellé alors que je n'ai pas encore 25 ans ?
Je n'aperçois pas le bout du tunnel...j'ai les pieds cloués au sol, je n'ai plus aucune capacité d'action, sauf celle peut-être de fermer les yeux, chaque jour, jusqu'au mois, l'année suivante...

Angoisse de vieillir, angoisse de faire éternellement les mauvais choix...regrets qui reviennent vous hanter quotidiennement mais qui hélas n'influencent pas vos erreurs à venir...Je me détends, j'écoute Slowdive, et j'essaie de rêver ma vie le temps d'un album...


Posté par Avalyn à 16:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]